Irma Adelman

Irma Adelman et le développement au service de la lutte contre la pauvreté
Irma Adelman naît en 1930 en Roumanie. Elle fait ses études secondaires en Palestine où sa famille s'est installée. Sa carrière illustre la discrimination dont les femmes étaient victimes dans l'univers académique dans les années 50 et 60. Economètre de formation, elle obtient son doctorat à l'université de Berkeley, en Californie en 1955 et ne peut obtenir que des emplois d'enseignement précaires pendant plus de dix ans, entre l'université de Berkeley, de Stanford en Californie, de John Hopkins à Baltimore, etc., alors même que ses articles et son premier livre sur les théories de la croissance et du développement sont très bien reçus. Elle est aujourd'hui professeur émérite à l'université de Californie à Berkeley.

Sa pensée

Economètre de formation, Irma Adelman met les outils mathématiques au service de l'étude des relations entre les aspects économique, politique et culturel du développement des nations. Partant des théories de la croissance et du développement d'Adam Smith, David Ricardo, Karl Marx et Joseph Schumpeter, elle présente un modèle moderne, d'inspiration keynésienne, mais combinant des caractéristiques marxiennes et schumpétériennes, pour rendre compte simultanément de la croissance et de la stagnation.

Elle développe une méthode d'analyse quantitative qui met en relation divers indicateurs du développement économique, des structures politiques et sociales et du contexte culturel, ce qui lui permet de montrer que le développement économique n'est pas un processus linéaire et cumulatif, mais qu'il varie fortement en fonction de l'évolution des structures politiques et sociales. Elle montre que la croissance économique, processus quantitatif, n'entraîne pas automatiquement le développement, processus qualitatif et social, et ne réduit pas naturellement les écarts de revenus et la pauvreté. Irma Adelman prône un interventionnisme politique pour canaliser la croissance au service de l'éradication de la pauvreté.

Irma Adelman confesse, dans ses derniers écrits, son pessimisme face à une situation aggravée par la multiplication des crises financières qui privent les pays de l'autonomie financière essentielle à la poursuite de leurs politiques de développement.

Ses écrits

Theories of Economic Growth and Development, éd. Stanford University Press, 1961.

Society, Politics & Economic Development: A Quantitative Approach, avec Cynthia Taft Morris, éd. Johns Hopkins Press, 1967.

Practical Approaches to Development Planning: Korea's Second Five-Year Plan, Baltimore, éd. Johns Hopkins Press, 1969.

Economic Growth and Social Equity in Developing Countries, avec Cynthia Taft Morris, éd. Stanford University Press, 1973.

Income Distribution Policy in Developing Countries: A Case Study of Korea, avec Sherman Robinson, éd. Oxford University Press, 1978.

Redistribution Before Growth: A Strategy for Developing Countries, éd. Martinus Nijhof, 1978.

Comparative Patterns of Economic Development, 1850-1914, avec Cynthia Taft Morris, Johns Hopkins University Press, 1988.

"Confessions of an Incurable Romantic", dans Recollections of Eminent Economists, par J. A. Kregel (dir.), éd. New York University Press, vol. 2, 1989.

L'évolution des avantages comparatifs dans le secteur agroalimentaire : leçons tirées du Mexique, avec J. Edward Taylor, éd. OCDE, 1990.

Selected Essays of Irma Adelman, éd. Edward Elgar, 2 volumes, 1995 :
Village Economies: The Design, Estimation and Use of Villageside Economic Models, avec J. Edward Taylor, éd. Cambridge University Press, 1996
"Redrafting the Architecture of the Global Financial System: Editor's Introduction", World Development vol. 28, no. 6, 2000.

"Global Institutions and Economic Development: What Have we Learned?", dans Development and Structural Change in Asia-Pacific Globalising Miracles or End of a Model, par Martin Andersson et Christer Gunnarson (dir.), éd. Routledge, 2003.

 


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