Esther Duflo

Le génie qui repense l’économie
Rédaction | Fanny Roux | 08/01/2013

A 40 ans, l'économiste française va conseiller le président Barack Obama.

En quoi Esther Duflo est-elle si différente des autres économistes? La Française au parcours sans faute va conseiller Barack Obama sur les questions de développement. C’est déjà en soi une performance. Une fierté aussi, que la presse française affiche depuis sa nomination au "Conseil présidentiel pour le développement" de la Maison Blanche, annoncée le 3 janvier 2013 par la prestigieuse école dans laquelle elle est professeure: le Massachussests Institute of Technology (MIT).

Esther Duflo est considérée dans le monde comme l’économiste de la pauvreté; celle qui tente d’en comprendre les mécanismes de façon scientifique, afin de calculer et améliorer l’efficacité des politiques de développement. Ce point de vue et cette expertise pourraient faire prendre un virage à la politique américaine de développement, si l'influence de la "Frenchie" (qui a également obtenu la nationalité américaine) se confirmait auprès de l'administration Obama.

De l'élite au terrain

Précoce, Esther Duflo obtient le titre de professeure au MIT à l’âge de 32 ans, en 2004, après un parcours dans la très élitiste Ecole normale supérieure et des passages dans d’autres universités comme celle de Princeton. La jeune femme à la coupe au carré aurait pu se contenter d’envisager sa discipline d’un point de vue macroéconomique, avec les grands principes et les politiques qui en découlent.

Mais selon elle, ces dernières excluent trop souvent les pauvres, dont on ne sait finalement pas grand chose. Elle vise en particulier le milliard de personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour. C’est pourquoi elle a créé le Poverty Action Lab, un centre de recherche du MIT qui vise à évaluer l’efficacité de programmes sociaux dans le monde choisis au hasard. Ce qui lui a value le surnom de "randomista" (la théoricienne du hasard).

Celle qui est titulaire de la chaire "Savoirs contre la pauvreté" au Collège de France est donc attachée à la compréhension de la réalité du terrain: "On réfléchit souvent à ce problème [de la pauvreté dans le monde] de manière un peu caricaturale, explique-t-elle dans l’Emission de France 3 Ce soir (ou jamais) en janvier 2012. On remplace la réflexion sur la pauvreté par une succession de caricatures. (…) Chacune de ses images engendre une série d’idées sur la bonne politique pour lutter contre la pauvreté. Comme ces images sont partielles, ou fausses, les politiques qui en découlent sont elles-mêmes partielles et fausses."

Dans cette optique, elle a écrit "Repenser la pauvreté" avec l’économiste indien Abhijit V. Banerjee en 2012. Un ouvrage salué dans le monde entier.

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Et c’est pour cette démarche développée dans ces travaux que cette disciple de Jeffrey Sachs obtient plus d’une trentaine de prix et distinctions, dont la prestigieuse Médaille John Bates Clark qui consacre un économiste prometteur de moins de quarante ans.

Parmi les lauréats de ce prix Milton Friedman, James Tobin ou encore Joseph Stiglitz, qui ont tous reçu le prix Nobel d’Economie par la suite. C’est tout ce qu’on lui souhaite.

Regardez le passage de l’émission de France 3 dans laquelle Esther Duflo explique sa démarche et débat avec le prix Nobel d’économie Milton Friedman



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