Taux de chômage et chômeurs en France : le point en mars 2016
Mis à jour le 18/03/16 15:55

Le nombre de demandeurs d'emploi recule de 0,8% par rapport à décembre.

Le taux de chômage recule de 0,1 point sur trois mois.
[Mise à jour du 18/03/16 à 15h55] L'Insee s'attend à une légère baisse du taux de chômage au 1er semestre 2016, à 9,9% (-0,1 point), selon sa dernière note de conjoncture. Il passerait ainsi sous la barre symbolique des 10% en métropole. L'institution explique cette embellie par une hausse de l'emploi (+63 000 postes) plus forte que celle de la population active (+50 000).

Au quatrième trimestre 2015, le taux de chômage en France diminue de 0,1 point sur trois mois, à 10% en métropole, soit 2,9 millions de personnes au chômage (au sens du BIT). Il reste stable sur un an. Outre-mer compris, le taux de chômage atteint 10,3% de la population active. Un taux en baisse de 0,1 point par rapport au troisième trimestre 2015 (-0,2 point sur un an).

Le taux de chômage en France


Les moins de 25 ans connaissent le plus fort recul du taux de chômage (-0,3 point sur trois mois). Dans les autres catégories d'âge, sur trois mois, il baisse de 0,1 point pour les 25-49 ans et les plus de 50 ans.
Les moins de 25 ans restent de loin les premières victimes du chômage, avec un taux à 24% au quatrième trimestre 2015 (24,6% Dom inclus). Le taux de chômage chez les 50 ans et plus, lui, s'établit à 6,9% (7,1% dans la France entière). Celui des 25-49 ans atteint 9,3% (9,6% Outre-Mer inclus), soit 0,2 point de moins qu'au 4e trimestre 2014.

Pour le quinzième trimestre d'affilée, les femmes affichent un taux de chômage inférieur à celui des hommes, à 9,4% contre 10,5% pour leurs congénères masculins.

Le taux de chômage par département

Grâce à notre carte interactive, découvrez le taux de chômage par département au troisième trimestre 2015.
Au 3e trimestre 2015, les trois départements français qui affichent le plus fort taux de chômage sont les Pyrénées Orientales (16%), l'Hérault (14,5%) et le Gard (14,4%). Dans le premier, le taux de chômage progresse de 0,5 point sur trois mois et sur un an. A l'inverse, les départements aux taux de chômage les plus bas restent la Lozère (6,5%), le Cantal (6,7%) et la Mayenne (7,2%). Ces territoires enregistrent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale, qui s'établit à 10% en France métropolitaine au 3e trimestre 2015. A noter toutefois que le taux de chômage a augmenté dans ces trois zones par rapport au 3e trimestre 2014 (respectivement +0,5 point, +0,2 point et +0,5 point).

Les chômeurs en France

Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité, a diminué de 27 900 en janvier 2016 par rapport à décembre, soit une baisse de 0,8%, selon les chiffres dévoilés par la Dares et Pôle emploi ce 24 février pour la France métropolitaine. Cela porte le nombre de chômeurs de catégorie A à 3 552 600, un chiffre en augmentation de 1,8% sur un an, soit 64 200 demandeurs d'emploi en plus.

En France métropolitaine, toujours, le nombre d'inscrits de catégories A, B et C recule de 0,3% sur un mois, à 5 459 700 chômeurs en janvier 2016 (5 764 300 Dom Inclus). Toutes catégories confondues (A, B, C, D et E), le nombre de demandeurs d'emploi s'élève à 6 155 200 en France métropolitaine (6 490 500 sur la France entière), en baisse de 0,3% sur un mois (-21 600 inscrits) et en hausse de 4,4% sur un an (+257 500).
Dans le détail, le nombre de chômeurs de catégorie A est en recul de 1,5% sur un mois chez les moins de 25 ans (-5% sur un an) et de 0,9% chez les 25-49 ans (+1,3% sur un an). Soit respectivement 8 000 et 19 600 chômeurs de moins sur un mois. Le chômage diminue également pour les seniors : les 50 ans ou plus observent une baisse du nombre d'inscrits de 0,3% par rapport à décembre 2015 (+7,8% sur un an). Cela représente 300 demandeurs d'emploi en moins.

Toutes catégories d'âge confondues, les hommes profitent de la plus forte baisse du chômage en janvier (-0,79% sur un mois). Les femmes observent quant à elles un recul de 0,76%.
Sur un an, ce chiffre progresse de 1,2% pour les hommes et de 2,6% pour les femmes.

Les chômeurs en France, selon la catégorie
Toutes catégories confondues, la seule hausse est à mettre à l'actif des demandeurs d'emplois de catégorie C (+1,3%), c'est-à-dire ceux ayant exercé une activité réduite longue (soit plus de 78 heures par mois). Ceux de la catégorie A enregistrent la plus forte baisse (-0,8%, soit -27 900 inscrits).

Le chômage en France, selon la durée

Le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) au sens de l'Insee, c'est-à-dire le nombre de chômeurs de catégories A,B et C inscrits à Pôle Emploi depuis un an ou plus, a explosé ces dernières années en France métropolitaine. Il a bondi de… 153,3% depuis juin 2008, pour atteindre les 2 477 600 inscrits en janvier 2016, un record. Sur un an, il grimpe de 9,1%, soit 206 200 personnes supplémentaires (+0,3% sur un mois).

Le chômage de longue durée s'est accentué avec la crise "car les entrées dans le chômage ont augmenté tandis que les sorties bénéficient en priorité aux chômeurs au chômage depuis peu", explique l'Insee. Les populations qui ont le plus souffert de l'aggravation de ce phénomène entre 2008 et 2013 ? Les ouvriers, employés, jeunes, personnes sans diplôme, parents isolés, habitants des zones urbaines sensibles et immigrés, énumère l'Institut.

Le 9 février 2015, le ministre du Travail avait annoncé une série de mesures destinées à lutter contre le chômage de longue durée. Parmi elles, la mise en place d'un droit, dès mars 2015, à une "formation qualifiante gratuite" pour tous les chômeurs ayant un projet de formation éligible au compte personnel de formation (CPF). Alors ministre du Travail, François Rebsamen avait également annoncé la mise en place de deux contrats de professionnalisation. L'un, baptisé "nouvelle carrière", s'adressera aux demandeurs d'emploi bénéficiant d'une "longue expérience professionnelle" et devant "adapter leurs compétences", ce dès le premier semestre 2015. Le contrat "nouvelle chance" sera, lui, dédié aux chômeurs très éloignés de l'emploi.

Les motifs du chômage en France
En France métropolitaine, les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C augmentent de 0,2% sur un mois, à 507 900 en janvier 2016. 22,4% de ces inscriptions ont été causées par des fins de contrat à durée déterminée. Les entrées pour fin de CDD reculent de 0,3% sur un mois, à 113 800 en janvier 2016 (-3,1% sur un an).
Les inscriptions pour licenciement économique sont elles aussi en baisse sur un mois (-1,5%), à 13 100 fin janvier, et sur un an (-0,8%). Les premières entrées progressent elles de 5% par rapport à décembre (+9,6% sur un an).
A noter que la catégorie "Autres cas" regroupe les motifs suivants : fin d'activité non salariée, rupture conventionnelle de CDI, retour en France et fin de détention, entre autres.

Le nombre de chômeurs par département
En janvier 2016, le Nord, les Bouches-du-Rhône et Paris restent les trois départements qui comptent le plus de demandeurs d'emploi de catégorie A.
En janvier 2016, c'est dans les Landes que le nombre de chômeurs de catégorie A a le plus progressé sur un mois (+8,2% par rapport à décembre 2015). A l'inverse, les Hautes-Alpes enregistrent la seule baisse du nombre de demandeurs d'emploi : -1,4% entre décembre et janvier 2016.

C'est dans le Nord que les chômeurs de catégorie A sont les plus nombreux : ils sont 179 800 en janvier 2016, soit 3 900 chômeurs de plus qu'un mois auparavant (+2,2%). Deuxième département dans lequel le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité est le plus élevé, les Bouches-du-Rhône, où le nombre d'inscrits progresse, là aussi, par rapport à décembre 2015 (+1,9%), à 140 900 personnes, soit 2 600 chômeurs de plus. Paris arrive 3e, avec 136 200 inscrits dénombrés fin janvier, soit une hausse de 1% sur un mois.
La Lozère, le Cantal et la Creuse restent les territoires qui comptabilisent le moins de chômeurs. Sur un mois, leur nombre progresse de 3,9% dans le premier, augmente de 1,7% dans le second et recule de 1,4% dans le dernier. A noter que les données départementales sont brutes. Les chiffres nationaux, cités plus haut, eux, sont corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables.

Le chômage sous les différents présidents de la République


Des trois derniers présidents à avoir dirigé la France, c'est Nicolas Sarkozy qui affiche les meilleurs résultats en termes d'emploi. En mars 2008, le taux de chômage en France métropolitaine est à son plus bas depuis janvier 1996, à 6,8%, et même depuis juin 1983. C'est 3,2 points de moins qu'au deuxième trimestre 2015. Le plus faible nombre de chômeurs de catégorie A depuis 1996 a lui aussi été enregistré sous le prédécesseur de François Hollande, en février 2008, à 1 983 500 dans la métropole, soit 80% de moins qu'en août 2015.

Bon à savoir
Le nombre de chômeurs en France représentés dans le premier graphique sont les demandeurs d'emploi de catégorie A inscrits à Pôle Emploi, c'est-à-dire les personnes sans emploi "tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi" et donc non les chômeurs de longue durée. Les données présentées concernent les demandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi, l'organisme en charge de la lutte contre le chômage.
La notion de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi est donc différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui n'a pas travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours de la semaine de référence, qui est disponible pour une embauche dans les 15 jours et qui a cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois. De la classification des demandeurs d'emploi dépend également tout un système d'aide, de droits, d'allocations et même de formation.
Le taux de chômage présenté dans le second graphique est un bon indicateur de la santé économique d'un pays.

De manière générale, le taux de chômage correspond à la part de la population active qui est au chômage. Sont répertoriées dans la population active les personnes qui occupent effectivement un emploi, y compris celles qui travaillent à temps partiel, et celles qui sont en recherche active d'emploi. Il ne suffit donc pas d'être en âge de travailler pour être comptabilisé dans la population active. La définition du taux de chômage peut varier d'un pays à l'autre, en fonction des critères retenus par les instituts nationaux de statistique.
Ce taux de chômage est calculé par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT) selon lesquelles un chômeur est une personne de plus de 15 ans qui remplit trois critères. D'abord, elle n'a pas travaillé du tout au cours de la semaine de référence. Ensuite, elle est disponible pour travailler dans les deux semaines. Enfin, elle a recherché activement un travail dans les trois dernier mois ou en commence un dans moins de trois mois.

Chômage des USA : en baisse en octobre
En octobre 2015, le taux de chômage aux Etats-Unis s'établit à 5%. Il recule de 0,1 point sur un mois et de 0,7 point sur un an.

Chômage en Europe : en baisse en septembre
En septembre 2015, le taux de chômage moyen des 19 pays de la zone euro est en léger recul sur un mois (-0,1 point) et diminue de 0,7 point sur un an, à 10,8%.


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