Pierre VELTZ

Né en 1945, Pierre Veltz, polytechnicien, est directeur de l’Ecole des ponts et chaussées.

Le local et le global

L’économie mondiale a des relais locaux : les grandes villes, lieux puissants d’interactions. Mais ces villes, moteurs de développement économique, se transforment parfois en enclaves de croissance, concentrant la richesse et la productivité au risque d’assécher le reste du territoire. C’est ce que Pierre Veltz présente comme le risque d’une « économie d’archipel ». Il croise approches territoriale et économique et montre que l’emploi de demain ne dépend pas seulement des coûts salariaux, mais aussi des capacités organisationnelles des entreprises et de la société.

Pierre Veltz s’est également intéressé aux transformations contemporaines des entreprises et des systèmes de production, en insistant sur le développement des structures en réseau.

"L’économie de la connaissance et ses territoires" sous la direction de Thomas Paris et de Pierre Veltz.

De l’Europe aux villes, en passant par les nations, il n’est point aujourd’hui de stratégie de développement qui ne fasse référence à l’« économie de la connaissance ». L’engouement qui entoure depuis une décennie cette notion vient de ce qu’elle cristallise des enjeux sociétaux multiples.
Face à la globalisation et à l’émergence de forces productives considérables en Chine, en Inde ou ailleurs, chacun comprend la nécessité de recentrer nos économies sur les activités à forte valeur ajoutée intellectuelle : innovation, high-tech, économie numérique. Chacun voit aussi à quelle vitesse les connaissances abstraites et les idées issues des laboratoires entraînent désormais des transformations structurelles dans nos manières de produire et d’échanger. Chacun perçoit enfin combien une économie des idées et des informations, qui peuvent se partager à l’infini à coût nul, est radicalement différente de l’économie traditionnelle des objets, et combien ceci est en train de déstabiliser des secteurs entiers.
Mais cette économie de la connaissance est-elle vraiment nouvelle ? Peut-elle se caractériser autrement que comme un assemblage plus ou moins hétéroclite de secteurs bizarrement dits "immatériels", autour de l’Internet notamment ? Et comment expliquer le paradoxe de sa forte relation avec le territoire, le lien étrange entre la fluidité qui la caractérise et les ancrages que manifeste sa concentration géographique croissante ?

Les contributions de cet ouvrage sont issues d’un colloque organisé autour de ces trois questions à Cerisy, à l’automne 2008. Elles multiplient les regards sur l’objet, alternant approches micro et macro, points de vue issus des univers de la recherche, de la grande entreprise classique, des start-up de l’Internet et des collectivités territoriales, vision du public et vision du privé, champs disciplinaires et secteurs variés. Prenant le parti de refuser les distinctions classiques entre high-tech et secteurs dits traditionnels, l’ouvrage parcourt des terrains multiples (des mathématiques à l’agriculture écologique, de l’automobile aux jeux vidéo...). Il approche la géographie par la théorie et par des exemples concrets, de Montréal à la Normandie. Au-delà des définitions formelles, cette variété de regards fait percevoir que l’"économie de la connaissance" est peut-être une notion à déconstruire, mais aussi une clé indispensable pour lire notre modernité.

La France est engagée dans une transition économique, sociale et culturelle sans équivalent depuis un demi-siècle. L'économie des services, le passage à l'ère «hyperindustrielle», la concurrence des pays émergents, les nouvelles mobilités, l'individualisation des modes de vie, la reconversion environnementale, la montée des écosystèmes complexes que sont les grandes métropoles et la « rurbanisation » de nos campagnes ont déjà commencé à modifier en profondeur la géographie comme la société de ce pays. Pour comprendre les mécanismes intimes de ces bouleversements comme pour en relever les défis, il faut partir de la diversité des territoires. Telle est la conviction de Pierre Veltz qui livre ici une remarquable synthèse sur les transformations en cours, à la croisée de l'économie, de la sociologie, de la science politique et de la géographie. Ce faisant, il dévoile quelques-uns des traits dominants du monde qui vient et de la place que pourrait y occuper la France, pour peu qu'elle accepte d'entrer dans une nouvelle révolution intellectuelle.

Ses écrits

Mondialisation, villes et territoires. L’économie d’archipel (1996), éd. PUF, 2000.

Des lieux et des liens. Le territoire français à l’heure de la mondialisation, éd. de l’Aube, 2002.


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